SOO BAHK DO - Moo Duk Kwan Produire sans s'approprier Agir sans rien attendre Guider sans contraindre
Nous manquions certes un peu de ferveur religieuse ce jour là ...
Au-dessus de nous, les avions passaient si près qu'on aurait bien pu croire que nous étions recherchées par toutes les forces armées coréennes rassemblées!
Derrière nous, ce n'était pas beaucoup mieux ; une troupe de pipistrelles piaillait, et manifestait son existence de toutes les manières possibles et imaginables.
J'aperçus un instant une belle silhouette masculine avec un grand chapeau de tissu, une démarche lente et pesante, empreinte de noblesse; elle disparut dans la brume; Les pipistrelles, elles, restaient. Elles finirent par nous interpeler. Zut, ah non ... Je tournai la tête mais il était trop tard !
Nous finîmes par nous laisser inviter. En nous approchant, nous découvrîmes tout un éventail d'adjuma.

Elles étaient sorties en rangs resserrés ; ce n'était certes pas le petit groupe discret gentil de copines, mais l'escadron pour faire l'ascension du Mont Taebek!
Bera et moi devions leur faire bien de la peine, preuve vivante que nous étions que la modernité occidentale n'est pas un progrès de la civilisation. Nous n'avions rien, avec notre dépouillement revendiqué, ni pour nous abriter du soleil ou du vent, ni pour couvrir notre gorge, ni pour boire ou grignoter ; elles avaient pensé à tout ! Kim'chi, à haute dose (quel déshonneur ce serait pour une adjuma que de manquer de kim'chi en une quelconque occasion), soju à volonté, kim pap, et des tas d'autres choses qui avaient déjà été dévorées.
Elles commencèrent à bavarder, comme si nous nous étions toujours connues ; elles nous prenaient à témoin, nous racontaient des blagues, en coréen, tout en percevant qu'on n'y comprenait à peu près rien, et elles se fichaient de nous dès qu'elles pouvaient. Elles nous servaient du soju, nous proposaient tout ce qu'il leur restait, et elles enchaînaient.
Au final, Bera prit l'initiative d'immortaliser cette rencontre au sommet ; lorsqu'elles aperçurent son appareil, ce fut encore de nouvelles exclamations pour trouver la meilleure pose, le moyen qu'absolument tout le monde soit sur la photo en même temps -mais comment la prendre alors, la photo ... tous les randonneurs avaient fui ...-. Bera, installée à Daegu à cette époque leur proposa de leur envoyer les pièces à conviction de notre nouvelle fraternité, ce qui fit monter notre cote au-delà des nuages, et des avions. Tout prêt de la demeure de l'Empereur du ciel et de sa concubine. 
PS : Bera nou précise à la lecture de cet article que les adjuma téléphonèrent ensuite au secrétariat de son lieu de travail, et que la jeune coréenne chargée de la réception fut à son tour fort secouée ...