Mardi 14 août, lever 7h.
Par chance, le ciel est moins gris ce matin.
Combien de temps faut-il pour aller jusqu'à la rue des Ecoles ? Jenny Kwo et ses fils y ont dormi cette nuit. Ce sont des élèves de Maître Steyer à Boston.
Métro ligne 4, sans correspondance. Mieux vaut marcher pour s'éveiller lentement.
Les rues sont vides, silencieuses. Pourquoi doit-on attendre le mois d'Août pour que Paris, cette beauté hautaine, se change en une ville hospitalière ?
20 minutes d'avance, ce n'est pas souvent. Petit tour dans le quartier. Tout est clos.
La réceptionniste de l'hôtel à la blondeur californienne me fait assoir dans les canapés. Coup d'oeil furtif. Pour combien de visiteurs étrangers la décoration douteuse de ce hall participera à leur idée de ce pays, la France.
Un jeune garçon qui vient de l'étage m'aperçoit ; il disparaît de longues secondes derrière le mur qui cache la partie inférieure de l'escalier en colimaçon. Un instant plus tard, sa mère me le présente sous le nom de Brennan ; et il y a Ian son frère, plus âgé.

Nous montons vers le jardin du Luxembourg. La conversation est aisée et naturelle avec Jenny. Ian et Brennan la ponctuent par des remarques sur les bizarreries qu'ils croisent dans la rue, ou sur ce qu'ils captent de nos échanges. Qui dit que le problème est la communication ? Nous ne nous sommes jamais vu, n'avons aucune idée l'une de l'autre, mais nous nous sommes à chaque fois trouvées sur notre messagerie ou au téléphone puisque nous nous cherchions.
Traversée du jardin, toute de douceur et de tranquillité. C'est là que nous nous entraînerons.
Le do-jang est ce périmètre entre 5 ou 6 arbres, mais c'est peut-être le jardin tout entier qui retentit de nos efforts, c'est la ville, c'est l'univers. Les drapeaux ne sont nulle part, ou dans notre mémoire si besoin. Les do-bok trop blancs pour le sol terreux et l'écorce des arbres sont restés au placard.
Notre point de communauté : pratique des kicho, travail accentué des coups de pieds, huyng.

Mais le périple parisien de la petite famille ne s'arrête pas là et les garçons doivent garder un peu de force pour voir les Impressionnistes et grimper sur les sentiers du Mont Blanc.
7a.m Time to get up.
By chance, the sky is not as grey as lastly.
How long does it take to go rue des Ecoles ? Jenny Kwo and her sons slept there last night. They are Master Steyer 's students from Boston.
Metro, line 4, then, walking gently to wake up.
The streets are empty and silent. Why Paris, this haughty beauty, is only hospitable in August ?
20 minutes early. It is not quite often. Go for a walk around the corner. Everything is closed.
The californian blond-haired receptionist let me sit down in the sofa. Quick look around. How many visitors will take the unconvincing garnishment of this hall as part of the "french style"...
A young boy gets a glimpse from upstairs. He then dissappears several seconds hidden by the wall. After a while, his mother Jenny will introduce him as Brennan. Ian his brother is older.
We walk to Jardin du Luxembourg. The conversation with Jenny is easy and natural, ponctuated sometimes by comments from the boys in front of odd things they meet or some words of our talk. Who says the main problem between people is communication ? We never met, never had an idea of each other, and we found the way to connect because we wanted.
We go through the quiet garden. This is the place we're gonna train in. The do-jang will be that space with 5 or 6 trees around, but it may be the whole garden, the city or the universe. The flags are nowhere but in our mind if we need. Do-boks are too white for the muddy ground and tree bark.
Our commun point of today : kicho, emphasized kicking, hyungs.
But the family has to go on the trip and keep strength to see impressionist painting. And some more to climb on the way to Mont Blanc. Bowing, smiling, walking and talking again and we are already back to the hotel. Hope we will meet again.