Hier, mardi 14 août,au métro Pernetty nous avons assisté à quelques heures du tournage de Hong Sang-soo (Le jour où le cochon est tombé dans le puits, Le pouvoir de la province de Kangwon, Turning Gate ...). Le nouveau film s'appellerait pour l'insant Jour et Nuit, si nous en croyons le blog de Laure Croiset (lcroiset.blog.toutlecine.com)
La plus grosse difficulté a consisté à faire circuler les passants de telle manière qu'ils puissentêtre passants du film. C'est-à-dire à leur faire comprendre en quelques secondes que, lorsqu'ils arrivaient à proximité de l'espace de la scène, ils ne devaient pas regarder fixement la caméra. Le plus drôle, c'est qu'il suffisait qu'on le leur demande pour qu'ils le fassent avec insistance, beaucoup plus sûrement que si on ne leur avait rien dit.
J'ai toujours eu une affection particulière pour l'équipe son d'un film. Le perchman, et l'ingé son sont de manière systématique la dernière roue de la calèche.C'est bien connu, le cinéma, c'est de l'image. Et cela, y compris lorsqu'on prétend capter de manière privilégiée la réalité du tournage, et qu'on favorise le son direct. Par conséquent, ce que j'ai vu d'abord sur le tournage, c'est l'éternelle SOLITUDE DU PRENEUR DE SON. Je me suis rendue compte que sur ce film en plus, c'était l'ancien de l'équipe, nettement plus vieux que les autres techniciens. Mon intérêt pour lui s'en est trouvé accru.
C'est encore lui ci-dessous, écoutant, au milieu de la foule qui en veut plein les yeux.
Les acteurs principaux Kim Yeong-ho et Park Eun-hye.
Hong Sang Soo en répétition avec ses acteurs...
Avec son Premier Assistant ...
Avec une autre assistante ...
et avec lui-même ...
Enfin, presque, car on n'est quasiment jamais seul sur le tournage d'un film de cinéma.
On remarquera plusieurs choses : d'abord, Hong Sang-soo a toujours sur les photos un léger sourire flottant. Il a l'air tout à fait tranquille et content d'être là. Ce qu'il fait semble l'amuser profondément, même quand il est épuisé (il fait des siestes fulgurantes entre les prises). Le moment du visionnage vidéo de la scène qui vient d'être tournée est quasiment rituel. Tout le monde se précipite pour regarder le résultat de son travail (non, pas tout le monde, il y a le second cercle, au second plan). Cela va de soi ? Eh bien non, à plusieurs égards, ce n'est pas évident. C'est impossible si l'on tourne en pellicule par exemple. On peut avoir un retour vidéo au moment où la scène se tourne, mais non pas immédiatement la montrer à l'équipe (il faut attendre le développement de la pellicule pour ça). Autre point, Hong Sang-soo ne voit pas ses acteurs au moment ils jouent, il regarde un écran qui lui renvoie instantanément l'image enregistrée. La France est et sera (?) peut-être le dernier pays où il y va d'une certaine morale de regarder ses acteurs jouer, sans aucun écran entre le réalisateur et ses comédiens. Enfin, c'est ce qu'on nous apprenait à l'école. Cette question ressemble un peu à celle-ci : est-il toujours bon de s'entraîner devant un miroir, face auquel on se regarde faire des techniques plutôt qu'on ne les fait en pleine conscience ?